LinkedIn rejoint Meta et WeTransfer dans l’exploitation des données utilisateurs européens pour l’IA.

À partir du 3 novembre 2025, la plateforme utilisera par défaut les profils, publications et activités de vos collaborateurs pour entraîner ses modèles génératifs. Un « consentement par défaut » problématique qui nécessite une action immédiate de votre part.

LinkedIn ca exploiter vos données pour son IA

Une décision qui s’inscrit dans une tendance inquiétante

LinkedIn emboîte le pas à Meta (avril 2025) et WeTransfer dans l’exploitation des données européennes pour l’IA. Après avoir limité cette pratique aux États-Unis, la plateforme l’étend désormais à l’Europe, la Suisse et le Royaume-Uni avec un « consentement par défaut » particulièrement problématique.

Données concernées par cette collecte :

  • Profils complets : informations sur vos collaborateurs, compétences, expériences, connexions
  • Contenus publics : publications, articles, commentaires de votre équipe et entreprise
  • Activités professionnelles : recherches d’emploi, interactions, historique de consultation

La justification juridique douteuse : LinkedIn s’appuie sur le RGPD en invoquant que cette exploitation « ne crée pas de déséquilibre au détriment des droits des utilisateurs ». Un terrain juridique que la CNIL elle-même qualifie de « sujet à interprétation » et dépendant d’un équilibre fragile entre bénéfices entreprise et respect de la vie privée.

Les risques pour votre entreprise

1. Propriété intellectuelle et secrets d’affaires

Vos équipes partagent régulièrement sur LinkedIn des insights stratégiques, des analyses sectorielles ou des innovations. Ces contenus peuvent maintenant alimenter les modèles d’IA de la plateforme, potentiellement au bénéfice de vos concurrents.

2. Conformité réglementaire et irréversibilité

Point critique : LinkedIn précise explicitement que l’opt-out ne rétroagit pas. Les données déjà intégrées dans les modèles d’IA resteront définitivement utilisées, même après désactivation.

En Suisse, avec la révision de la LPD entrée en vigueur en septembre 2023, vous devez pouvoir justifier et contrôler l’utilisation des données personnelles de vos collaborateurs. Cette irréversibilité pose un problème de conformité majeur.

3. Sécurité et confidentialité

Garantie limitée : LinkedIn assure que les messages privés ne sont pas concernés, mais cette promesse reste à géométrie variable selon les évolutions futures des conditions d’utilisation.

Les modèles d’IA peuvent être formés par LinkedIn ou « un autre fournisseur », incluant potentiellement le service Azure OpenAI de Microsoft. Vos données d’entreprise pourraient donc transiter par des tiers sans contrôle de votre part.

Actions immédiates à mettre en œuvre (avant le 3 novembre)

Pour votre organisation

  1. Audit d’urgence des profils LinkedIn : recensez tous les comptes de vos collaborateurs et identifiez les informations sensibles partagées.
  2. Communication interne : informez immédiatement vos équipes de cette évolution et de la procédure de désactivation.
  3. Révision de la politique social media : intégrez ces nouveaux risques dans vos guidelines de communication externe.

Procédure de désactivation (à effectuer avant le 3 novembre)

Étapes précises selon la documentation LinkedIn :

  1. Accès aux paramètres : cliquez sur votre photo de profil > « Préférences et confidentialité »
  2. Navigation : sélectionnez l’onglet « Confidentialité des données »
  3. Désactivation : cliquez sur « Données pour l’amélioration de l’IA générative »
  4. Action : décochez la case activée par défaut « Utiliser mes données pour entraîner des modèles d’IA de création de contenu »

protégez vos données linkedin pour l'IA

Important : cette désactivation n’affectera pas votre capacité à utiliser les futurs outils d’IA de LinkedIn (aide à la rédaction, suggestions de contenu).

Mesure complémentaire

Pour une protection renforcée, remplissez également le formulaire d’opposition au traitement des données LinkedIn accessible via le support client de la plateforme.

Perspective stratégique : au-delà de LinkedIn

Cette décision LinkedIn s’inscrit dans une vague plus large d’exploitation des données européennes par les géants technologiques américains. Après Meta en avril 2025 et le scandale WeTransfer, nous assistons à une normalisation de ces pratiques.

L’enjeu du « consentement par défaut » transforme fondamentalement la relation utilisateur-plateforme. Au lieu de demander l’autorisation, ces entreprises imposent leurs conditions et laissent aux utilisateurs le soin de s’opposer – souvent dans l’ignorance des implications.

Questions stratégiques pour votre direction

  • Comment maintenir votre présence LinkedIn tout en protégeant vos actifs informationnels ?
  • Quelle gouvernance mettre en place pour les plateformes externes utilisées par vos équipes ?
  • Comment anticiper les prochaines évolutions de ces géants technologiques ?

Recommandations à long terme

  1. Gouvernance des données : développez une approche structurée de la gestion des données sur les plateformes externes.
  2. Veille réglementaire : suivez l’évolution des pratiques des grandes plateformes technologiques.
  3. Solutions alternatives : évaluez des plateformes professionnelles respectueuses de la confidentialité.
  4. Formation continue : intégrez ces enjeux dans vos programmes de sensibilisation à la sécurité informatique.

La course à l’IA générative transforme fondamentalement le paysage numérique. En tant que dirigeant, anticiper ces évolutions et protéger les actifs informationnels de votre organisation devient un avantage concurrentiel décisif.


Cet article s’appuie sur les annonces officielles de LinkedIn et l’analyse d’experts en protection des données. Pour une évaluation personnalisée de votre situation, consultez vos équipes juridiques et IT.

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